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Reprise d'antenne

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Reprise d'antenne

Message par Raven le Sam 31 Oct - 11:41

Bonjour à tous et à toutes.
Link et moi-même reprenons du service à l'adresse suivante : FanficHP
Le site est encore en chantier, mais vos avis et vos commentaires sont les bienvenus.
Nous reprenons nos travaux au moment du fameux match chanté du tome 5, chapitre 19...
Bises Very Happy Smile

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Re: Reprise d'antenne

Message par Elenna le Mer 4 Nov - 0:34

Yeeeeeeeeeeeees !

On reparlait justement de cette fic' à la rencontre, et on se lamentait du fait qu'elle aie purement disparu de la circulation !
Merci Raven, Merci Link, je vous aime !

Ce post a été rédigé sans aucune influence de substance illicite. Si si.
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Re: Reprise d'antenne

Message par Leïa Tortoise le Mer 4 Nov - 16:08

Ouiiiii!!!! Merci merci Raven & Link, la bonne nouvelle tombe à pic!

J'ai hâte d'aller voir ça!
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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Mer 4 Nov - 19:38

Hé, hé. Ca fait plaisir de retrouver votre enthousiasme après tout ce temps. satisfait Tout à fait!

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Re: Reprise d'antenne

Message par Elenna le Mer 4 Nov - 19:43

C'est parce que ça le vaut bien ! Very Happy
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Re: Reprise d'antenne

Message par estelle from LR le Jeu 5 Nov - 13:56

Et ou peut-on lire le debut de cette fic???

Ca me dirait bien de commencer la le chapitre 1 par exemple.
Merci d'ajoute une nouvelle fic a ma collection...
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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Jeu 5 Nov - 19:35

Pour le moment, nous n'en sommes qu'au début du site. Link et moi sommes quelque peu surchargés de travail Evil or Very Mad et mon cher co-auteur n'a pas encore eu le temps de mettre toute la fic en ligne. blasé
Si dans leur grande bonté les puissances qui nous gouvernent nous accordent quelques vacances ( No )... on verra. Pour l'instant, nous allons publier les nouveaux chapitres exclusivement.

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Re: Reprise d'antenne

Message par Suzywa le Jeu 5 Nov - 20:27

cheers Moi aussi, cela m'intéresserait de lire ta fic depui le chapitre 1...
Cela ne vous dirait pas à Link et à toi de la replacer ici aussi ? Je pense que feaniel et autres admin n'y verraient pas d'inconvénients !
Qu'en pensez-vous Question
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Re: Reprise d'antenne

Message par Leïa Tortoise le Jeu 5 Nov - 21:59

Je crois qu'il leur faut encore "taper" tous les chapitres précédents parce que les version informatiques ont disparu en même temps que la Pensine, d'où le beans pour remettre tout ça en ligne par leurs propres moyens...

J'aurais bien aimé pouvoir relire un peu en diagonale moi aussi mais tant pis, j'embraye sur la suite dès que je trouve un peu de temps!
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Re: Reprise d'antenne

Message par tronched le Mar 5 Jan - 12:56

Si tu le souhaites, Raven, j'ai les tomes 1, 2 et 3 en entier sur mon disque dur, ainsi qu'une partie du tome 4... Par contre, je n'ai pas la mise à jour de ton merveilleux dictionnaire récapitulatif! Et puis je peux te servir de béta-lectrice...

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Re: Reprise d'antenne

Message par Apsara le Mar 5 Jan - 17:36

Autrement, on peut peut-être avoir un p'tit résumé ?

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Re: Reprise d'antenne

Message par Nausicaa le Mer 6 Jan - 7:50

tronched a écrit:Si tu le souhaites, Raven, j'ai les tomes 1, 2 et 3 en entier sur mon disque dur, ainsi qu'une partie du tome 4... Par contre, je n'ai pas la mise à jour de ton merveilleux dictionnaire récapitulatif! Et puis je peux te servir de béta-lectrice...
Tronche de Roswell ? C'est toi ? Question

Sinon, euh, comme je ne suis pas certaine que Raven voit ton message, je le lui ai fait passer par MP.
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Re: Reprise d'antenne

Message par tronched le Mer 6 Jan - 9:42

Oui, c'est bien moi, qui veux-tu que ce soit d'autre ? Y aurait-il d'autres dingues à porter mon surnom (donné par Raven elle-même il y a maintenant presque 15 ans, oh la la, ça ne me rajeunit pas...tu te souviens de la bibliothèque, Raven?) Very Happy

Effectivement, Raven et Link m'avaient fait part de leur reprise d'antenne (mais c'est vrai que je n'arrêtais pas de les tanner pour avoir la suite Razz Razz Razz ), donc, comme j'avais adoré lorsqu'ils avaient posté sur La Pensine, j'avais gardé dans mon disque dur une p'tite copie pour pouvoir relire la fic lorsque je n'avais pas Internet (ce qui arrivait assez souvent, à ma grande déconvenue d'ailleurs Mad )...
Donc, si c'est trop long de tout retaper, je peux fournir les fichiers à nos deux créateurs (la mise en page a un peu sauté, à cause d'Open Office, mais pour le reste c'est nickel)!

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Re: Reprise d'antenne

Message par Apsara le Mer 6 Jan - 13:24

Coucou, tronched ! C'est bien toi que j'avais vu au Palais de la Découverte ?
Comment allez vous ? Content

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Re: Reprise d'antenne

Message par Nausicaa le Mer 6 Jan - 20:16

tronched a écrit:Oui, c'est bien moi, qui veux-tu que ce soit d'autre ?
Ch'sais pas, quelqu'un qui voudrait se faire passer pour toi mais en ne mettant que le début du pseudo exprès pour faire croire que c'est toi déguisée en "pas toi", bla bla bla... Bref, ça fait plaisir de te voir passer ! Content
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Re: Reprise d'antenne

Message par tronched le Jeu 7 Jan - 11:40

Moi ça va! Zhom aussi et les poupettes encore mieux!

Je viens d'envoyer à Raven tout ce que j'ai sur mon disque-dur, donc maintenant, il faut que Link mette tout en ligne...
Ca me fait plaisir de vous retrouver! J'ai été mortifiée de l'arrêt de la Pensine (d'ailleurs quelqu'un saurait-il pourquoi ça a fermé?) où je comptais moi-même poster une fic... Je suis aussi présente sur fanfiction, mais je n'ai pas encore posté (il y a beaucoup de bonnes surprises dans ce que j'ai pu lire, et aussi du bien mauvais, faut pas se voiler la face Rolling Eyes ).

Voilà voilà pour les nouvelles!

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Re: Reprise d'antenne

Message par estelle from LR le Jeu 7 Jan - 13:13

tronched a écrit:(il y a beaucoup de bonnes surprises dans ce que j'ai pu lire, Rolling Eyes ).
Tu epux nous donner des titres par exemple.
je suis toujours preneuse de nouvelle fic de bonne qualite, et je ne suis somtee que sur des trucs mal ecrit recemment (genre faute de francais et de grammaire enormes, et ca me gene un peu)

On est preneur de bonne fic ici, et la tienne bien sur si tu te sens de la poster.

Tu peux poster tes recommandations
ici.


Dernière édition par estelle from LR le Jeu 7 Jan - 14:13, édité 1 fois
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Re: Reprise d'antenne

Message par Apsara le Jeu 7 Jan - 13:48

Moi ça va! Zhom aussi et les poupettes encore mieux!
cheers

d'ailleurs quelqu'un saurait-il pourquoi ça a fermé?
D'après 2deten's, il a eu des problèmes techniques lors d'un changement d'hébergeur et n'a pu les résoudre seul...J'ai bien résumé, Nau.? <- Nau comment... sifflote

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Re: Reprise d'antenne

Message par tronched le Jeu 7 Jan - 23:07

Ce n'est vraiment pas de veine pour 2detens' (et pour nous aussi, de fait!)...
Je ne sais pas si je pourrais poster ma fic sur un forum tout public, parce que plus le temps passe (et les chapitres), plus ça devient très noir, notamment quelques scènes que je classerais M (voire M+ si ça existe), non pas que je me complais à écrire des horreurs, mais les mots viennent tous seuls et le résultat est juste flippant... Le début est plus soft heureusement... J'ai la trame complète et il y a déjà une vingtaine de chapitres écrits, mais c'est vrai que mon rythme d'écriture est très irrégulier du fait des poupettes! cheers Elles vont bientôt avoir dix mois et remuent terriblement, à croire qu'elles boivent du kérosène en intraveineuse! C'est que ça occupe, ces petites bêtes-là!

Une fic qui m'a bien plu, c'est I'm Yours de Rosy.In.The.Sky, un Drago/Astoria bien sympa, que j'ai trouvé pas mal écrit...
Mélusine, que j'avais suivie sur La Pensine, avait commencé à poster la suite de son Esprit de Famille, mais elle semble être en standby, ce qui est bien dommage.

Gros bisous à tous et à toutes!

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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Mar 19 Jan - 16:07

Salut les fondu(e)s !
Chapitre 21 en ligne sur le site de Link !
Il a bien reçu nos archives, merci mon Roswell (et non, j'ai pas oublié la bibliothèque... Razz ), et se mettra à bosser là-dessus dès que possible. Il est un peu chargé en ce moment et a eu pas mal de soucis.
Allez, bonne lecture à tous !

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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Ven 22 Jan - 19:37

Pour faciliter un peu la vie des gens, je mets le nouveau chapitre ici aussi...



Chapitre 21 :l'Oeil du Serpent

En dépit d'une charge de travail impressionnante, Hermione avait décidé de venir en aide à Hagrid pour qu'il ne commît aucun faux pas lors de la tournée d'inspection d'Ombrage. Elle y consacra tout un dimanche, mais Ron doutait que cela servît à grand-chose. D'après lui, si le crapaud avait décidé de mettre le professeur de Soins aux créatures magiques à la porte, aucune force au monde ne l'en empêcherait. Il ne pensa même pas à nuancer d'un « sauf Dumbledore », ce que Harry trouva de très bon augure pour le développement du sens critique du Gryffondor. Lui-même ne participait pas aux efforts d'Hermione. Il était surchargé de travail et ses responsabilités de préfet lui prenaient aussi du temps. Le même jour où sa camarade se prenait la tête sur les plans de cours de Hagrid, Ron avait reçu un grand nombre de boules de neige enchantées. Certaines venaient de ses frères, et il les tolérait relativement bien. D'autres arrivaient de la part de Finnigan et compagnie, et celles-là passaient nettement plus mal.
- Bande de pauvres ploucs, ragea Weasley dès qu'il put retrouver l'abri de la salle sur demande, en compagnie de Harry, Théodore et Sarah. M'étonne pas que j'ai renoncé à intégrer le club. D'un autre côté, ça me surprend aussi que je prenne le risque d'être vu en public avec des Serpentard. Je suis vraiment dans une situation pourrie.
- On le sait bien, compatit Théodore. Tu sais quand Hermione doit revenir de son soutien scolaire ?
- Oh, ça ne devrait plus tarder, assura Ron. Vu la pile de devoirs qu'elle a, elle ne pourra pas se permettre de rester là-bas jusqu'au dîner.
De fait, Hermione les retrouva pour le thé, crottée comme un barbet, grognon et guettée par le rhume. Les garçons s'empressèrent de lui préparer une tasse bien chaude, sous l'œil amusé de Sarah.
La jeune fille ne fut en état de parler qu'après avoir avalé tout le contenu de sa tasse, et fait sécher sa robe à grands coups de baguette. Harry se dit que dans certaines circonstances, le règlement de l'école aurait dû autoriser aux filles le port du pantalon. Obliger des gens à sortir en jupe par un froid pareil relevait de l'homicide involontaire.
- Quand je pense, pesta Hermione, que j'ai dû attendre une demi-heure devant sa porte. Et vous savez où il était ? Dans la forêt ! martela-t-elle. Merlin seul sait ce qu'il étudie là-bas.
Les autres étudiants gémirent à l'unisson. Si Ombrage était intervenue en troisième année, les hippogriffes et leur sale caractère auraient suffi à faire mettre Hagrid à la porte. A présent, qu'allait-il bien pouvoir leur ramener de plus dangereux ?
- Il n'a rien voulu me dire, continua Hermione sur sa lancée. Et il n'a vraiment pas l'air de comprendre comment fonctionne Ombrage, ni qu'elle peut passer par-dessus Dumbledore si ça lui chante. Et que ça lui chante souvent ! Il ne fait pas attention quand je lui dis d'amener en cours de petites créatures non venimeuses, qui ne mordent pas et qui n'essayent pas de dévorer les élèves. J'ai cru comprendre, cependant, qu'il avait tenté de se procurer des œufs de chimère...
Ses comparses commencèrent à se prendre la tête entre les mains.
- … mais qu'il a échoué dans sa tentative. Trop cher.
Tout le monde laissa échapper un soupir de soulagement non déguisé.
- Et pour clore le dossier, acheva Granger, ses blessures ne cicatrisent pas bien. J'ai même l'impression qu'il en a de nouvelles. Mais il refuse également d'aller consulter Pomfresh. Je crois que je ferai mieux d'aller me frapper directement la tête contre un des murs du château.
- Ce serait dommage pour ta tête, objecta Théodore.
- Et aussi pour nous, trancha Sarah. Nous avons besoin du château et de ta cervelle en état de marche.
- Merci, répondit Hermione avec un faible sourire. Dis-moi, est-ce que Salazar t'a rapporté des choses intéressantes ?
- Mpfff... pas vraiment, grommela Sarah. Dumbledore s'occupe beaucoup du fonctionnement de l'école, encore heureux, contacte des amis à Londres pour savoir ce que mijote le ministère en matière de lois et de décrets d'éducation, mais rien de bien folichon en ce qui nous concerne. Il va falloir apprendre la patience.
Ils se séparèrent sur ces bonnes paroles.

Le lendemain matin, Hagrid fit son apparition à la table des professeurs. Gobe-Planche échangea une bise râpeuse avec lui, et l'accueil délirant que lui firent Fred et George, ainsi que quelques autres farfelus, ne dissimula pas le sentiment certain de malaise avec lequel les autres élèves le virent à nouveau parmi eux. Harry pouvait les comprendre. Gobe-Planche était la femme la plus mal embouchée qu'il eût jamais rencontrée, elle jurait, traitait ses élèves comme des bons à rien, mais n'amenait jamais en cours de créatures dangereuses, et personne ne risquait de se faire croquer une main ou une tête lorsqu'il suivait ses leçons. Harry savait que les Serpentard de troisième année avaient cours de Soins aux créatures magiques durant l'après-midi, aussi tenta-t-il de mettre la main sur l'un d'entre eux, mais il fallait pour cela échapper au mouchardage de Piers Gerins, qui rapportait absolument tout ce qu'il entendait à Drago Malefoy, comme un bon chien de chasse.
Il fut sauvé par Beline Urquhart. La petite sœur de Philip avait elle aussi posé beaucoup de questions à la troisième section, et fut en mesure de lui fournir quelques renseignements. Apparemment, Hagrid avait fait venir des créatures invisibles qui mangeaient de la viande, mais ne s'intéressaient absolument pas aux élèves, et somme toute, devaient être assez inoffensives. D'ailleurs, les troisième année n'avaient pas eu à les étudier, mais Hagrid leur avait signalé de ne pas aller embêter les êtres qu'il nourrissait tandis que ses apprentis soigneurs s'occupaient de niffleurs. Quelque peu rassuré, Harry put se concentrer plus aisément sur les leçons de la journée sans songer à d'horribles monstres friands de bons petits humains à croquer.
Néanmoins, lorsqu'il descendit vers la prairie bordant la forêt en compagnie des Gryffondor et de ses confrères Serpentard, il croisa les doigts pour que le garde-chasse n'ait rien changé à son programme, et qu'il n'ait pas, en fin de compte, adopté un nouveau cerbère ou une manticore.
- Approchez, approchez ! lança gaiment Hagrid dès qu'il les vit arriver. Nous allons nous rapprocher des arbres, expliqua-t-il lorsque tous ses étudiants furent réunis. Les créatures que nous observerons à partir d'aujourd'hui aiment vivre à l'ombre.
- Et ça, c'est quoi ? demanda Blaise en pointant ce que Hagrid portait sur l'épaule.
- Leur nourriture du jour, répondit l'enseignant.
- Ca ressemble beaucoup à une carcasse de vache, remarqua Ron.
- C'est parce que c'en est une. Ils tolèrent bien cette viande, même s'ils ont une nette préférence pour les animaux sauvages. Allez, suivez-moi.
- Qu'est-ce qui préfère les animaux sauvages ? demanda Malefoy d'une voix légèrement tremblante.
Harry et ses deux acolytes échangèrent un regard narquois. Depuis leur première année à Poudlard, Malefoy avait une peur bleue de la vieille forêt. Non sans quelque raison, d'ailleurs.
- Voilà, annonça Hagrid après quelques minutes de marche. On y est.
Il déchargea la carcasse sur le sol et émit un léger sifflement.
- Asseyez-vous sur ces souches, là. Vous n'allez pas rester debout pendant une heure, hein ? Bon. Ils ne devraient pas tarder à arriver, alors regardez bien ce qui va se passer. Vous avez de la chance, poursuivit Hagrid avec une certaine fierté. Ce sont des animaux assez rares, et je dois bien être le seul en Grande-Bretagne à en avoir dressé.
Il sourit, puis grimaça car les contusions vertes et violacées qui «ornaient» son visage devaient être encore douloureuses.
- Vous êtes sûr qu'elles sont bien dressées, vos créatures ? s'inquiéta Pansy Parkinson.
- Mais oui, mais oui, rassura le garde-chasse. Elles ne s'intéressent pas aux humains. A moins bien entendu qu'une personne mal intentionnée s'approche de leurs petits, auquel cas elle deviennent très agressives. Mais ça, c'est pareil pour tous les animaux. Bon, je vais les appeler, ça les fera venir un peu plus vite.
Hagrid releva la tête et lança un étrange cri modulé semblable à la plainte d'un oiseau des marais. Un léger bruissement de feuilles lui répondit et il renouvela son appel. Les élèves entendirent bien du bruit et virent quelques herbes foulées non loin d'eux par des pieds fantômes, mais rien d'autre, ce qui fit monter d'un cran la frayeur des plus impressionnables.
- Les voilà, chuchota Harry.
Une tête reptilienne aux grands yeux blancs et vides apparut entre deux buissons, suivie d'un grand corps décharné portant des ailes de cuir épais. L'animal flaira l'odeur des humains, puis se dirigea vers la carcasse, qu'il attaqua avec un goût certain. Certains sursautèrent en voyant de petits os se casser apparemment tout seuls, et des morceaux de viande jaillir en l'air pour disparaître ensuite. A part Harry, Neville Londubat semblait le seul à pouvoir les discerner.
- Et en voilà un autre ! dit gaiment Hagrid. Ceux qui peuvent les voir, levez la main, s'il vous plaît.
Avec hésitation, les deux garçons se signalèrent.
- Ah... Bien sûr. Pourriez-vous les décrire à vos camarades ? Les autres, prenez des notes. Sachez que ces créatures, que l'on appelle des sombrals, ont la particularité de ne pouvoir être vu que par ceux qui ont déjà observé la mort... et qui l'ont comprise.
- Mais monsieur, s'effara soudain Parvati Patil, les sombrals portent malheur ! C'est le professeur Trelawney qui...
- Balivernes que tout cela ! balaya Hagrid. Les sombrals ne sont pas maléfiques. Il y a tant de bêtes et d'êtres qu'on qualifie de porte-malheur uniquement à cause de leur apparence un peu spéciale. C'est regrettable. Les sombrals sont très intelligents et comprennent partiellement le langage humain, voyez-vous. Ils s'apprivoisent très bien et peuvent porter des cavaliers sur de longues distances. Tenez, quand le professeur Dumbledore n'a pas de balai sous la main, ou qu'il va trop loin pour le transplanage, il en prend un comme monture. Vous pourriez le faire sans problème en cas de besoin, et...
- Hem, hem...
- Oh non... gémit Sarah.
Le professeur Ombrage venait d'arriver. Elle portait à nouveau un ensemble d'un vert si affreux qu'il aurait forcément plu à Rita Skeeter. Son bloc-notes à la main, elle était prête à passer les troupes en revue.
- Ah, bonjour, dit Hagrid en souriant. Bienvenue au cours.
- Avez-vous reçu le mot que je vous ai envoyé dans votre cabane ce matin ? demanda le crapaud d'une voix lente en détachant bien les mots, comme si elle craignait qu'il ne comprît pas tout.
- Naturellement, répondit Hagrid. Content que vous ayez trouvé l'endroit sans problème. Je ne sais pas si vous les voyez, mais aujourd'hui, nous étudions les sombrals.
- Pardon ? dit Ombrage d'une voix trop appuyée, une main derrière l'oreille. Qu'avez-vous dit ?
- Les sombrals, répéta Hagrid sans déceler l'insulte. Vous savez, ces grands chevaux noirs avec des ailes... Vous avez des problèmes d'audition ?
Venant de tout autre, la question aurait forcément eu des arrières-pensées, mais c'était Hagrid, et il n'y voyait pas malice. Néanmoins, Harry et Sarah échangèrent un sourire tandis que Blaise levait le pouce.
- Bien... Où en étions-nous ?
- Semble... avoir des problèmes... de mémoire, écrivit Ombrage tout en se relisant à voix assez haute pour être entendue de tous.
Hagrid ne se démonta pas et reprit son cours.
- Ah ! Voilà... Je voulais vous expliquer que nous avons ici, vivant autour de Poudlard, un troupeau qui a débuté avec un mâle et cinq femelles. Au cours des années, il s'est agrandi, et nous avons environ une trentaine d'individus. Ce grand gaillard – et là, Hagrid caressa le garrot d'une des bêtes – s'appelle Tenebrus. C'est le premier sombral né dans un élevage.
- Savez-vous que le ministère a classé les sombrals dans la catégorie des créatures dangereuses ? demanda doucereusement Ombrage.
- En effet, même si c'est très exagéré, répondit Hagrid. Comme je l'ai déjà expliqué aux enfants, un sombral est d'un naturel calme et assez peu sociable avec les autres espèces, mais il se soucie des humains comme d'une guigne, sauf si on menace ses petits. Dans ce cas, oui, bien sûr, il peut mordre. Mais un chien vous fera la même chose, et pour moins que ça. Et puis, les élèves qui ne respectent las les consignes n’ont pas le droit de s’approcher, ajouta-t-il en jetant un regard mauvais à Malefoy.
- Ne respecte... pas... la législation en vigueur... sur les créatures magiques... fut le seul commentaire. Continuez à faire votre cours sans vous occuper de moi, poursuivit Ombrage.
- Ca ne va pas être simple, ronchonna Weasley.
- De mon côté, je vais me promener et poser des questions aux élèves.
Tout en parlant, la vilaine bonne femme mimait ses actions, sous l'œil vaguement inquiet du garde-chasse. Tout le monde l'entendit marmonner de façon très intelligible :
- Ils recrutent vraiment n'importe qui, au ministère...
Harry eut soudain le soupçon qu'Hermione n'avait pas été la seule à donner des leçons de protocole au demi-géant. Ladite Hermione était déjà presque cramoisie de rage et elle grommelait des épithètes peu aimables à l'adresse d'Ombrage, dont «harpie» était sans doute le plus doux.
- Bon, reprenons, dit Hagrid. Le mode de vie du sombral, à l'exception du régime alimentaire, est sensiblement identique à celui du cheval que vous connaissez tous. Vie sociale, reproduction, tout ça, c'est pareil. Par contre, le sombral préfère de loin les lieux sombres et abrités, surtout les forêts.
Harry cessa un instant d'écouter pour suivre les agissements d'Ombrage. Elle interrogeait alors Pansy Parkinson. Inutile de tendre l'oreille pour savoir que les propos de la petite garce seraient notés avec le plus grand soin. Hagrid faisait mine de ne pas les voir, et poursuivait avec un sang-froid qui faisait honneur à un Gryffondor.
- Une fois qu'ils sont dressés, disait Hagrid, impossible de vous perdre. Dites-leur où vous avez envie d'aller, ils vous y emmènent.
- S'ils peuvent comprendre l'adresse, ricana Malefoy, déclenchant les rires serviles de Pansy et de ses deux gorilles.
Ombrage les regarda avec l'air d'une vieille tante écoutant la dernière plaisanterie de ses neveux préférés, puis se tourna vers Neville.
- Vous arrivez à vous les sombrals, Londubat ?
Neville fit oui de la tête, toujours concentré sur le cheval ailé qui grignotait des os juste à côté de lui.
- Qui avez-vous vu mourir ?
- Ca ne vous regarde pas, répondit paisiblement Neville tout en tendant la main pour toucher la crinière en broussaille de l'animal.
- Je vous demande pardon ?
Les yeux d'Ombrage étaient à présent deux fentes brillantes dans son visage ingrat.
- J'ai dit que ça ne vous regardait pas. L'important pour ce cours, c'est que je les voie, pas pourquoi je peux les voir, n'est-ce pas ?
Le sombral abandonna ses os pour donner un petit coup de nez dans la manche du garçon, puis tira légèrement sur son manteau pour ravoir son attention. Neville se fit un devoir de lui faire plaisir, et commença à effleurer les naseaux pointus de la créature, qui avança la tête pour réclamer d'autres caresses.
Tous les autres élèves le fixaient à présent avec une fascination qui, pour beaucoup (moins les quatre habituels), confinait au respect. Ombrage battit en retraite en promettant d'envoyer le résultat de son inspection d'ici une dizaine de jours, mais Hagrid était si intéressé par ce qui se passait qu'il parut à peine remarquer ce qu'elle disait. Harry tenta de rééditer la manœuvre, mais les sombrals semblaient décidément plus attirés par Neville, qui se retrouva bien vite entouré par tous les adultes.
Le cours s'acheva peu de temps après, et Hermione partit vers le château en fulminant contre Ombrage.
- Cette affreuse vieille peau ! Elle n'arrêtera jamais, avec son obsession des hybrides. Si elle veut vraiment trouver quelqu'un qui soit aussi bête qu'un troll, elle n'a qu'à étudier Crabbe et Goyle !
- Marchera pas, contra Ron. Ils sont humains à plein temps. On ferait mieux de trouver un truc pour qu'elle quitte l'école. Définitivement, si possible.
- Parles-en à tes frères, lui chuchota Blaise à l'oreille.

Ron n'eut guère le temps de mettre ses projets à exécution. Le mois de décembre vit s'accumuler une quantité de devoirs aussi impressionnante que celle de la neige qui tombait sans discontinuer sur la région. En plus de cela, les préfets se devaient traditionnellement de participer à la décoration de l'école. Ce travail n'allait pas sans risques, car Peeves le poltergeist y mettait toujours son grain de sel, surtout pour tenter d'étrangler les élèves avec des guirlandes. Il fallait aussi surveiller l'étude des plus jeunes. Weasley se surprit lui-même en déclarant qu'il était très content de voir Rogue se charger d'une partie des heures de permanence. Il était vrai que personne n'osait dire un mot lorsque le professeur de potions assurait son tour de garde. Hermione se lamentait encore plus que les autres, car elle n'avait plus le temps de tricoter les choses en forme de chapeau qu'elle destinait aux elfes de maison. Aucun de ses comparses n'avait encore osé lui avouer que c'était Dobby qui les raflait tous en faisant le ménage.

Harry attendait les vacances avec une impatience grandissante. Il avait hâte de quitter le château et la présence insupportable d'Ombrage, sans compter Malefoy, mais la perspective d'aller à Grimmault Place n'était guère plus encourageante. Une fois encore, les jumeaux Weasley lui sauvèrent la mise en l'invitant à venir au Terrier. Ils savaient bien quel effet la sinistre demeure de la famille Black avait sur lui, pour en avoir souffert eux-mêmes, et étaient très désireux de lui éviter un autre séjour déprimant. Par ailleurs, Sirius ne se manifestait plus depuis leur conversation via la cheminée de la salle de réunion des professeurs, et Harry n'était pas certain de vouloir de nouveau l'entendre se plaindre de tout.
Pour ne pas y penser, il se concentra sur la dernière réunion de l'AP avant Noël. Théodore et Luna avaient décidé de donner un petit air festif à la salle sur demande. Par chance, rouge et or, vert et argent, faisaient partie des couleurs traditionnelles de cette période, et personne ne s'offusquerait de les voir mélangées.
Il n'empêche, le jeune homme était légèrement tendu lorsque ses élèves entrèrent dans la salle, mais cette tension se dissipa rapidement au fil de leurs exclamations ravies. Les filles de Serdaigle avaient amené des douceurs à partager après la leçon, et entreposèrent chocolats et gâteaux sur un guéridon, loin de la porte et des mains de leurs camarades.
Hermione arriva peu de temps après elles, Ginny sur les talons, et aucune des deux n'avait l'air satisfaite.
- Personne n'arrivera à remplacer mes frères comme batteurs, je le crains, dit la benjamine des Weasley en réponse au regard interrogateur de Harry.
La salle se remplit rapidement. Beaucoup devaient encore avoir des valises à vérifier, des cadeaux à emballer avant de partir, et souhaitaient terminer la séance dans les meilleurs délais. Aussi Harry avait-il décidé d'alléger le programme, et de se contenter de réviser les sortilèges déjà étudiés dans le courant de l'année.
- Vous allez former des équipes de deux, expliqua-t-il, et reprendre les maléfices d'entrave et de paralysie. Et regardez bien où sont les coussins avant de commencer !
Les élèves étant tous dans leurs premières années à Poudlard, ils se sentaient impressionnés par les consignes, et faisaient bien attention. Sarah devait s'amuser, avec des étudiants plus âgés... Tout autour des « professeurs », des duellistes restaient figés sur place pendant quelques minutes, puis revenaient à la vie et reprenaient leur entraînement de plus belle. Les cadets jumeaux d'Urquhart faisaient merveille, et même la mignonne Rena Fallstar accomplissait de sérieux progrès. Harry savait par les membres de l'autre équipe que Neville Londubat devenait méconnaissable pendant ces cours, et que Ron Weasley n'était pas spécialement manchot non plus.
L'heure supplémentaire s'écoula très vite, et Harry mit tout son petit monde dehors avec des compliments, et la promesse d'attaquer des sorts plus complexes au retour des vacances.
- On va faire du patronus ? demanda Ginny avec une lueur avide dans le regard.
- Pour ceux qui ont le niveau, oui, assura Harry. Pour les plus jeunes, ça risque d'être un peu trop fort. Je sais que tu en meurs d'envie, ajouta-t-il en riant.
- Certainement. J'ai hâte de voir la forme qu'il prendra, dit Ginny d'un air gourmand. Tant que ce n'est pas une bestiole à poil roux...
Ils éclatèrent de rire à cette idée, puis Ginny avisa le bouquet de houx et de gui que Théodore avait suspendu non loin de la porte.
- Tu connais la coutume ?
- Ouais, répondit Harry avec prudence. Chez les Moldus.
- Je crois que c'est la même chez les sorciers, précisa Ginny en avançant d'un pas.
- Aucune bestiole magique n'a l'habitude de loger dedans ? demanda Harry tout en avançant à son tour.
- Non, assura Ginny en répétant la manœuvre. Luna est persuadée que si, mais tu la connais...
A présent ils se trouvaient juste sous la branche aux petites baies couleur de perle.
- Bonne chance pour l'année qui arrive ? suggéra Harry.
- Que tous nos vœux, même les plus méchants, soient exaucés, approuva Ginny, avant de franchir les derniers centimètres qui les séparaient.

Harry rentra un peu plus tard que prévu dans les quartiers de Serpentard, et la soirée n'était pas encore finie pour lui. Alors qu'il se dirigeait en maugréant vers le dortoir, peu pressé de retrouver la sale tête de Malefoy après son aparté avec Ginny, un sifflement lui parvint aux oreilles, et il se hâta se rejoindre Salazar dans sa cachette. En fait, à la grande surprise de l'équipe, il n'avait pas fallu longtemps pour le convaincre d'accepter ce poste. Quant à la baguette-micro, elle avait été déposée chez Dumbledore, via une fenêtre laissée imprudemment entrouverte, par la petite chouette Frida, que Théodore avait prêtée sans se faire prier.
- Tu as l'air bien content de toi, mon gars, décréta la statuette en le voyant arriver. Tu as reçu un cadeau de Noël en avance ?
- Hmmm... C'est à peu près ça, répondit Harry d'un ton rêveur.
- La jolie petite rouquine qui te suit comme ton ombre depuis son arrivée dans ce château ?
- Tout à fait.
Salazar laissa échapper un coup de sifflet à la Tex Avery pour manifester sa satisfaction. En dépit d'une fâcheuse tendance, de son vivant, à collectionner les aventures, il n'avait jamais abandonné l'idée de trouver le grand amour. Malheureusement pour lui, le jour où cela était arrivé, la dame avait fini dans les bras de Godric Gryffondor. Sale petit voleur...
- Bon, c'est très bien, tout ça, reprit le petit homme de bois, mais je ne t'ai pas appelé pour causer de ta bien-aimée. J'ai entendu des choses... compléta-t-il en agitant le bout de baguette de Sarah.
- Et alors ?
- Alors je sais ce que les gugusses de l'ordre surveillent au ministère de la magie ! s'exclama gaiement Salazar. Ils doivent garder à tour de rôle un endroit qui s'appelle la salle des prophéties. On parie combien que l'une d'entre elles s'applique à mon couillon de descendant, et qu'il veut la récupérer pour savoir ce que l'avenir lui réserver ?
- Je ne crois pas aux prophéties, répliqua Harry d'un ton sans appel.
- Moi non plus, mais là n'est pas l'important, balaya Salazar. Ce qui compte, c'est que Dumbledore et le jeune Tom y croient, eux. Si j'ai bien entendu, c'est le père de ta mignonne qui s'y colle ce soir. Si tu retournes chez eux, laisse tes oreilles grandes ouvertes, ça pourrait en valoir la peine.
Harry réfléchit un instant. Par définition, les prophéties pouvaient donner cours à toutes sortes d'interprétations erronées. Deux ans plus tôt, il avait lui-même cru que la prédiction de Trewlaney s'appliquait plus à Sirius qu'à un Peter Pettigrew supposé mort et volatilisé depuis douze années. Il fallait qu'il apprenne le contenu de la prophétie surveillée par l'ordre du phénix, et qu'il en tire ses propres conclusions. Les prévisions auto-réalisatrices, il les connaissait bien, et avait d'ailleurs failli se retrouver avec des oreilles d'âne pour en avoir lu une l'année précédente...
Il piqua du nez sans même s'en rendre compte. Il était si fatigué que Salazar n'eut pas le cœur à le réveiller. Ses comparses viendraient bien le chercher quand ils se rendraient compte de son absence.

Théo rêvait. Il se voyait dans un des romans fantastiques qu’il avait lus récemment, foudroyant ses adversaires de sortilèges variés là où le héros les avait découpés en tranches tels des parts de quiche. Le dernier ennemi défait, il siffla son cheval et l’enfourcha. Celui-ci déploya ses ailes et s’envola vers l’horizon.

Hermione était en classe. Elle écoutait le cours du professeur McGonagall avec son attention habituelle. Son sang ne fit qu’un tour quand elle entendit la question posée par le professeur. Elle leva la main pour répondre. L’attention de la classe se tourna vers elle… Et elle se rendit compte qu’elle avait oublié de s’habiller ce matin.

Sarah courait sans se retourner. Elle s’éloignait aussi vite que possible des lieux de son larcin, sac sur l’épaule, casquette sur la tête, regardant devant elle à travers deux les trous de son bandeau noir. Parvenue dans son repaire, elle s’assit lourdement et ouvra le sac pour compter son butin. Elle sursauta quand une main se posa sur son épaule.
- Sarah ! Réveille-toi !

Les premiers songes de Harry furent agréables. C'était le soir de Noël et Ginny veillait sous le sapin. Elle lui montrait en riant des décorations farfelues faites de radis oranges qui pendaient aux branches vertes. Elle lui enjoignait de déballer ses cadeaux, et lorsqu'il ouvrit la première boîte...
Il avançait dans un couloir sombre, au ras du sol. Il glissait sur des dalles de pierre froide et lisse. Son corps passait entre les barreaux d'une lourde grille et traversait une pièce éclairée de faibles lueurs tremblotantes. Il approchait du but. Mais quelque chose se tenait devant lui, qui l'empêchait de mener à bien sa tâche. Une odeur inconnue frappait ses narines. Un homme était là, tout près. Pourquoi ne le voyait-il pas ? Il pouvait même entendre sa respiration lente et régulière.
Un bout de tissu argenté glissa au sol et il vit l'humain, un grand truc tout mince avec des poils rouges sur la tête. Il était découvert ! Il fallait se débarrasser du témoin. Il se jeta en avant, tous crocs dehors, et mordit violemment l'homme au côté. Des os se brisèrent sous ses dents, son venin se répandit dans le sang de son ennemi. La cible neutralisée, il battit en retraite, prêt à mordre encore si nécessaire. Il devait...

CLAC !

Harry ouvrit grand les yeux. Son front lui donnait l'impression de s'ouvrir en deux et des vagues de nausée lui soulevaient l'estomac. Il y voyait trouble et ne distinguait que des silhouettes bizarres autour de lui. Sa joue gauche cuisait.
- C'est bon, annonça une voix, il commence à émerger.
- Hé, Harry, tu te réveilles ?
Il cligna des yeux et sentit la nausée revenir au galop. Il tourna la tête pour ne pas vomir sur les pieds de ses voisins et entendit des grognements dégoûtés.
- Allez chercher un prof, suggéra une troisième voix.
Harry parvint à se souvenir qu'il avait quelque chose de très important à dire.
- Oui ! Arthur Weasley est au ministère et il a été attaqué ! lança-t-il en se redressant d'un bond.
- Quoi ??
- Il gardait quelque chose...
- La salle des prophéties, indiqua Salazar.
- Et un serpent l'a mordu. Je l'ai... vu...
- Blaise, va chercher Rogue, dit Théodore. Tout de suite.
Un bruit de pas précipités s'éloigna. Harry leva les yeux et croisa ceux de Sarah, qui venait de refermer la cachette, et Théodore. Millicent était assise non loin d'eux, le teint jaunâtre et le regard vague.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? murmura faiblement Harry.
- On espérait que tu pourrais nous le dire, grommela Sarah. Tu nous fais une crise de quelque chose, et Millicent se met à avoir des visions. Je savais pas qu'on avait deux Trelawney potentiels dans notre maison.
Il secoua la tête, tentant de s'éclaircir les idées. Mais que faisait Blaise ? Il y avait urgence ! Des pas ses rapprochèrent et Blaise revint enfin, suivi de près par un Rogue pour le moins perplexe. Il se pencha sur Harry et l'examina un moment sans rien dire.
- Expliquez-moi ça en détail, demanda-t-il aux autres Serpentard.
- Eh bien... dirent Sarah et Théodore en même temps.
- Cobbyte ?
- Je ne savais pas ce qui arrivait à Harry, répondit-elle précipitamment, je suis sortie avec Millicent pour lui faire prendre l'air, elle a encore fait des r... elle a encore eu des visions.
- Oh... Et ?
- Et je suis tombée sur Théodore et Blaise qui essayaient de réveiller Harry.
- Je suppose qu'il est resté levé tard pour potasser des trucs, expliqua Théodore, prenant soin de ne /pas/ mentionner Salazar, parce qu'il n'est pas venu se coucher. A la fin, j'ai fini par m'inquiéter un peu, je suis venu dans la salle commune et je l'ai trouvé en train de parler dans son sommeil. Il disait des trucs à propos d'un couloir, d'un serpent, et d'Arthur Weasley.
- Potter ?
- Je sais pas trop comment l'expliquer, j'ai vu Mr Weasley qui faisait le guet devant une porte et... et quelque chose l'a attaqué. Il avait l'air gravement blessé, et...
- C'est bon, coupa Rogue. Nous montons chez Dumbledore. Et au trot !

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Re: Reprise d'antenne

Message par Leïa Tortoise le Mer 10 Fév - 17:34

J'ai rattrapé mon retard, c'est toujours aussi bon! Et j'ai hâte que la suite arrive...

Juste une petite remarque:
[Note : Petrificus Totalus, comme son nom ne l’indique pas, paralyse. Je me demande bien comment JKR a nommé ses sorts…]
Ben ça me semble quand même assez transparent sur le sens de pétrifier totalement, et donc de paralyser...

Sur Fanfiction.net, quelqu'un faisait un appel pour retrouver votre fic, j'en ai profité pour indiquer l'adresse de ce topic et le site où vous avez publié les derniers chapitres.

Au passage, vous avez le bonjour d'Alixe qui a trop de choses à faire, notamment avec sa propre fic qu'elle continue toujours, pour passer ici, mais qui n'oublie pas la Pensine et les membres qu'elles y croisait Very Happy
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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Lun 5 Avr - 22:37

Tagazok à tous les buveurs de thé !

Le chapitre 22 est en ligne sur le site de Link et miracle ! le reste du tome 5 aussi, mon merveilleux co-auteur a réussi à tout récupérer ! Je l'adore. Very Happy ballon anniv
Bon, trêve de bavardages et lecture !



Chapitre 22 : à l'Hôpital Sainte-Mangouste

Ils traversèrent le château en toute hâte et Rogue marchait si vite que Harry, malgré sa précipitation, avait du mal à tenir le rythme. Ils montèrent des escaliers, passèrent en vitesse devant des portraits assoupis, dans le plus grand silence. Rogue ne posait aucune question, ne faisait pas un bruit. Enfin, ils arrivèrent devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau alors que Harry se rongeait véritablement les sangs. Nagini était énorme, peut-être était-elle venimeuse, en prime ? Il franchit la porte dissimulée et n'attendit pas que l'escalier tournant l'amenât devant le bureau, il grimpa les marches quatre à quatre, en tête, cette fois-ci.
Parvenu sur le pallier, il entendit du bruit en provenance du bureau. On s'agitait beaucoup, là-dedans. Un sifflement de vapeur le fit sursauter, avant qu'il ne saisît le heurtoir pour frapper. La porte s'ouvrit sans un grincement et les deux sorciers entrèrent dans la pièce.

L'éclairage était réduit au strict minimum, et Fumseck pouvait continuer à dormir paisiblement sur son perchoir sans être dérangé par la lumière. Les instruments d'argent qui s'étalaient sur les consoles autour du bureau laissaient encore échapper de petits nuages de fumée qui témoignaient d'une activité intense tout juste achevée.
- Oh, c'est vous, Severus... et...
Dumbledore était bien réveillé, assis derrière son bureau en robe de chambre pourpre brodée avec art et chemise de nuit. Il fixait le professeur Rogue, mais ne paraissait pas accorder la moindre attention à Harry, ce qui eut le don d'agacer ce dernier.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Je crois que Potter a eu une sorte de vision...
Rogue se tourna vers Harry pour avoir confirmation, et il hocha la tête.
- Le mieux est encore que vous le racontiez vous-même.
- Eh bien... j'étais entrain de dormir, commença Harry en tâchant de ne pas laisser percer dans sa voix l'aigreur que lui inspirait l'impolitesse du directeur, qui gardait les yeux baissés vers ses mains.
- Et je me suis retrouvé dans un couloir du... mal éclairé, j'avançais au ras du sol, et puis j'ai vu quelqu'un devant moi... J'ai reconnu Mr Weasley après coup, il était sous une cape d'invisibilité. Il empêchait le serpent de passer, alors il l'a mordu plusieurs fois.
- Tu n'avais pas un point de vue extérieur ? Tu voyais tout par les yeux du serpent ?
Il avait compris drôlement vite...
- Oui. Ca n'a pas l'air de vous surprendre, remarqua le garçon.
Dumbledore fit mine de ne pas entendre, et Harry sentit Rogue se rapprocher dans son dos, puis ses doigts minces se poser sur son épaule.
- Il est gravement blessé, reprit Harry. Ce serpent... ça devait sûrement être Nagini, a des crochets énormes, et il saignait beaucoup ! Je ne sais pas où il est, ajouta-t-il en mentant effrontément, mais si vous avez une idée, il faut aller le chercher tout de suite !
Toujours sans regarder le garçon, le directeur se releva d'un bond et se tourna vers les portraits de ses prédécesseurs.
- Everard ? lança-t-il d'un ton sec. Dilys ?
Un sorcier pâlot coiffé avec une frange épaisse et une sorcière aux anglaises blanches se réveillèrent aussitôt et se redressèrent dans leur cadre.
- Vous avez tout entendu ?
Ils opinèrent gravement.
- L'homme a les cheveux roux et porte des lunettes, poursuivit Dumbledore. Everard, vous allez donner l'alerte et vous assurer qu'il soit découvert par les gens qu'il faut.
Les deux représentations saluèrent et disparurent, mais sans se manifester dans les autres portraits qui ornaient le bureau. Harry supposa qu'ils avaient dû filer dans des cadres se trouvant à l'extérieur du château. Everard devait en avoir au ministère. Il fallait qu'il parle de tout ça à Rogue, mais comment avouer le fait que ses copains et lui avaient mis Dumbledore sous surveillance ?
En dépit du bruit, en tout cas, les autres images continuaient de dormir et de ronfler. Ils faisaient semblant, jugea Harry, puisqu'ils parlaient avec animation juste avant qu'il n'entrât dans le bureau.
- Everard et Dilys ont tous les deux été des directeurs extrêmement appréciés à Poudlard, précisa Dumbledore.
(Ma tête à couper qu'ils n'étaient pas Serpentard.)
Le vieux sorcier se dirigea vers Fumseck.
- Leur renommée leur permet de disposer de portraits dans de nombreuses institutions du monde sorcier. Ils pourront nous dire ce qui se passe en dehors de l'école. Bien... et il faudra également prévenir les jeunes Weasley. Severus, pourriez-vous aller voir Minerva ? On se poserait trop de questions en voyant le directeur de Serpentard arriver en trombe chez les Gryffondor.
- Oh, j'aurais bien des explications à fournir, surtout concernant les jumeaux et leur soeur, croyez-moi, contra Rogue, mais puisque vous le souhaitez ainsi...
Il serra légèrement l'épaule de Harry avant de quitter le bureau. Voyant que Dumbledore ne songeait plus trop à lui, le garçon prit la liberté de s'asseoir sur l'un des fauteuils réservés aux visiteurs. Le directeur alla droit à Fumseck, que toute cette agitation avait réveillé, et caressa doucement les plumes rouge et or.
- Nous aurons besoin d'être avertis.
Il avait parlé à voix basse, mais Harry était assez près pour entendre. Il se garda de poser la moindre question quand le phénix disparut dans un éclair.
Dumbledore s'affaira ensuite sur ses curieux petits instruments d'argent, en prit un qu'il ramena sur son bureau, et l'activa d'un coup de baguette magique. L'objet oscilla sur sa base en émettant de petits nuages de fumée verdâtre que Dumbledore entreprit aussitôt d'étudier. Harry observa lui aussi le phénomène, mais comme il ne connaissait pas le fonctionnement de cet accessoire, il ne pouvait que faire des hypothèses hasardeuses. Et il n'allait pas demander au directeur, car il savait parfaitement qu'il n'obtiendrait aucune réponse. En tout cas, aucune qui fût intellectuellement satisfaisante. La fumée s'épaissit et s'enroula sur elle-même, puis forma la tête d'un serpent, la gueule ouverte pour mordre. Harry se pencha pour voir l'apparition plus en détail. Elle ressemblait très fortement à Nagini. Il s'apprêtait à poser quand même une question, mais le vieux sorcier ne leva même pas le nez à son approche. Ravalant quelques mots colorés qui lui traversaient l'esprit, le Serpentard recula son fauteuil de quelques pas et fit mine de se désintéresser de la chose.
- Naturellement, marmonna Dumbledore.
C'était comme s'il tendait un appât. Harry refusa d'y mordre.
- Mais séparés dans leur essence ?
Tout ce charabia paraissait très clair au vieil homme, mais le garçon n'y entendait goutte et commençait à trouver le temps long. Et si Arthur Weasley s'était vidé de son sang pendant que Dumbledore faisait sa petite alchimie ?
Le serpent se divisa en deux autres reptiles avant de s'évaporer sous le regard satisfait du directeur. L'objet s'immobilisa et Dumbledore alla le reposer délicatement sur son étagère, toujours sans accorder la moindre attention à son « invité ». Il revenait vers son fauteuil quand feu Mr Everard refit son apparition dans son cadre, essoufflé (ce qui était étrange pour une peinture qui n'avait pas besoin de respirer).
- Albus ?
- Quelles sont les nouvelles ?
- J'ai crié jusqu'à ce que quelqu'un vienne, expliqua Everard, qui s'éventait avec le rideau décorant son portrait. Ce devait être un des gardiens de nuit. Je lui ai dit que j'avais vu bouger quelque chose au bas des escaliers. Il était un peu sceptique, mais il est allé chercher un collègue et ils sont allés inspecter. J'ai dû attendre qu'ils remontent, puisqu'il n'y a pas de tableaux en bas, mais je peux vous dire que ce n'était pas joli à voir. Le pauvre homme avait du sang partout. Mais je puis vous assurer qu'il était encore en vie.
- Bien. Je pense que Dilys les aura vus arriver, elle ne devrait plus tarder.
La conversation fut interrompue par l'arrivée des quatre Weasley, plus morts que vifs, se demandant quelle boulette ils avaient bien pu commettre pour être ainsi convoqués au beau milieu de la nuit. McGonagall leur invoqua quelques chaises et Dumbledore les mit rapidement au courant de la situation. Ils devinrent tous encore un peu plus pâles, si c'était possible. Leur directrice quitta le bureau avec l'intention de trouver Rogue pour monter un mensonge convenable pour expliquer l'absence soudaine du quatuor. Dumbledore lui garantit que Fumseck se chargerait de prévenir Molly Weasley, et elle partit plus tranquille. Harry évitait de les regarder en songeant à l'épouvantard prophétique apparu à Grimmauld Place, ce visage blafard, et tout ce sang...
Dilys revint sur ces entrefaites.
- Emmené à Sainte-Mangouste, lança-t-elle en regagnant son cadre. Pas joli à voir, mais pas désespéré, qu'ils ont dit.
Ce rapport succin ne pouvait évidemment rassurer la fratrie Weasley, dont les membres évitaient de se regarder en se concentrant, l'un sur les tableaux, l'autre sur le tapis... Ils n'osaient pas poser la question qui leur brûlait les lèvres. Enfin, Dumbledore voulut bien se tourner vers eux.
- Jeune gens, vous allez devoir quitter l'école en toute discrétion. Il sera annoncé demain matin que votre père a eu un accident et que vous êtes partis à la première heure pour être à ses côtés, ce qui ne sera, somme toute, qu'un demi-mensonge.
(Parce qu'on ne vous autorisera pas à rester à ses côtés, songea Harry. Des fois qu'il pourrait parler et dire des choses que vous ne devez pas entendre.)
- Harry vous accompagnera.
Il alla fouiller dans une armoire et revint avec une vieille bouilloire fatiguée à la main. Il la posa doucement sur son bureau puis pointa sa baguette dessus.
- Portus !
L'ustensile s'illumina de bleu, puis reprit son aspect normal. Dumbledore repartit à nouveau, cette fois vers le portrait d'un sorcier en robe verte brodée d'argent, aux cheveux noirs et à la barbiche en pointe, à la mode des Cavaliers de la guerre civile.
- Phineas.
La peinture ne réagit pas et continua à dormir. Sa poitrine s'élevait et s'abaissait si régulièrement que Harry doutât un instant que ce fût de la simulation. Le directeur connaissait mieux son prédécesseur, car il insista, et certains portraits se joignirent à l'appel, si bien que le nommé Phineas finit par ouvrir les yeux, quoiqu'à contrecoeur. Ses yeux noirs firent le tour de la pièce et Harry aurait juré qu'il lui avait souri.
- J'ai besoin que vous vous rendiez dans votre autre portrait, annonça Dumbledore. J'ai un message à transmettre.
- Pourquoi n'utilisez-vous pas le réseau cheminette ou votre oiseau de compagnie ? dit Phineas d'une voix flûtée. La dernière fois que je suis passé là-bas, mon cher descendant m'a traité de tous les noms avant de me laisser ouvrir la bouche.
- C'est de l'insubordination ! brailla une peinture de sorcier bien en chair au nez bourgeonnant. Un manquement à notre devoir !
- Nous devons nous mettre au service de l'actuel directeur, renchérit le portrait d'Armando Dippet, c'est l'honneur qui nous le commande. Honte à vous, Phineas !
- Et aucune honte de votre part, riposta le Serpentard, à jouer les valets de l'homme qui vous a poussé vers la sortie. Mais, reprit-il avant qu'aucun confrère n'ait eu le temps de relever, je vois là des petites mines bien inquiètes, et je suppose que la commission est avant tout pour eux, c'est cela ?
- Oui. Allez voir Sirius et dites-lui qu'Arthur Weasley a été blessé, que sa femme et ses enfants, ainsi que Harry Potter, vont arriver chez lui. Vous avez compris ?
- Tout à fait, dit Phineas sans enthousiasme. Dites-moi, lança-t-il juste avant de filer, ça devient dangereux, de travailler pour vous.
- Nous allons attendre qu'il revienne avec la réponse, dit Dumbledore sans commenter la pique du directeur défunt. Je veux m'assurer que la voie est libre avant de vous envoyer sur place.
Une plume d'or apparut soudain en l'air et tomba doucement sur le bureau.
- Ah... un avertissement... le professeur Ombrage doit être réveillée. J'espère que Minerva trouvera de quoi l'occuper assez longtemps.
Il y eut un silence de quelques minutes avant que Phineas ne revînt s'asseoir.
- Il dit qu'il sera ravi de les accueillir. Prenez juste ça pour une formule de politesse, et non une vérité objective. Il est d'une humeur affreuse et j'ai dû crier pendant dix minutes avant qu'il n'émerge du brouillard de tout ce qu'il a consommé récemment, grogna le sorcier en vert.
Harry l'entendit marmonner quelque chose comme « … détruit tout ce qu'il touche... » avant que Dumbledore ne fît signe aux cinq élèves présents de s'approcher du portoloin.
- Vous en avez tous utilisé, n'est-ce pas ?
Sur leur réponse affirmative, il commença le décompte.
- Alors attention, à trois... Un... Deux...
Juste avant que le « Trois » ne fut prononcé, Harry parvint enfin à accrocher le regard si fuyant du directeur. Sa cicatrice brûla de nouveau comme si on la passait au fer rouge et il sentit l'envie monter en lui. L'envie de mordre, d'arracher la chair de sur les os de son ennemi...
- … Trois.

La main de Harry se retrouva soudain plaquée sur le métal de la bouilloire et le monde disparut dans un tourbillon. Ballotté de gauche et de droite, se cognant à ses voisins, il eut tout juste le temps de remarquer que leur allure ralentissait avant que ses pieds ne heurtassent le sol. La bouilloire tomba par terre dans un grand fracas de ferraille.
- De retour, les sales petits traîtres à leur sang. Est-il que vrai que leur père amoureux des Moldus est à l'agonie !
- DEHORS ! beugla une voix que Harry n'avait pas précisément envie d'entendre en ce moment.
Il se releva pour découvrir le décor de la cuisine de Grimmauld Place. Il lui sembla que les meubles et les cuivres avaient été astiqués plus que de coutume, et que les murs étaient aussi plus clairs, mais il n'eut guère le loisir de s'étendre sur son environnement.
Une chandelle sur la table éclairait les restes d'un repas, et l'unique occupant humain des lieux avait visiblement dîné seul. Sirius finit de mettre l'elfe de maison Kreattur à la porte de la pièce avant de revenir au quintette. Ses habits étaient fripés, sa barbe datait de plusieurs jours et il dégageait une odeur d'alcool renfermé qui rappelait fâcheusement Mondingus Fletcher.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il depuis le seuil de la cuisine. Ce gredin de Phineas a dit qu'Arthur était grièvement blessé.
- Ça, il faut demander à Harry, indiqua Fred.
Etait-ce un effet de son imagination, ou l'ami Fred avait un ton assez accusateur en disant cela ?
A présent, tout le monde le regardait.
- J'ai eu... une espèce de... vision, expliqua lentement Harry.
Les Weasley n'avaient pas entendu sa première version de l'histoire, il pouvait donc modifier un peu la réalité pour s'éviter d'autres soupçons. Il raconta les faits en se présentant comme un observateur extérieur. En aucune façon il ne laissa entendre qu'il s'était trouvé à la place du serpent. Après avoir fini, Harry se dit qu'il avait bien fait d'agir de la sorte, car les jumeaux le dévisageaient toujours avec une insistance désagréable. Ginny était trop nerveuse pour cela, mais Sirius, par contre, regardait bizarrement son filleul. Ron rompit heureusement cet instant pesant.
- Maman est là ?
- Pas encore, répondit Sirius en regagnant le banc près de la table. Elle ne doit pas être au courant. Le plus important était de vous éloigner d'Ombrage sans déclencher d'alerte. Dumbledore ne devrait pas tarder à la prévenir.
- Il faut qu'on prenne des nouvelles de papa, décréta fermement Fred. Vous pouvez nous prêter des capes ?
- Il est hors de question que vous vous précipitiez à Sainte-Mangouste maintenant, répliqua Sirius. Comment allez-vous expliquer que vous êtes au courant de sa blessure alors que l'hôpital n'a même pas prévenu votre mère ?
Harry dut reconnaître que, pour une fois, son parrain réfléchissait plus vite que la moyenne des Gryffondor. La présence des enfants Weasley serait en effet des plus surprenantes, et risquait de compromettre le relatif secret qui entourait les activités de l'ordre.
- Je ne vois pas en quoi c'est important, disait George.
- C'est important parce qu'il ne faut surtout pas que l'on sache que Harry peut voir des choses qui se déroulent à des centaines de kilomètres de lui ! Avez-vous idée de ce que le ministère ferait avec de telles informations ?
Sûrement rien de bon, connaissant Fudge et la clique qui l'entourait.
Mais les deux autres garçons s'en souciaient comme d'une guigne. Ron les observait d'un air perplexe, mais ne prenait pas leur parti.
- Quelqu'un d'autre aurait pu nous prévenir, voulut argumenter Fred.
- Qui ? finit par intervenir Harry. On va déjà se poser des questions sur la présence de votre père à une heure pareille au dép... au ministère, si en plus Fudge apprend que Dumbledore a quelque chose à voir là-dedans, vous pouvez être sûr que votre père sera viré dans l'heure qui suit, malade ou pas.
- Il a raison, renchérit Sirius, cela pourrait menacer l'ordre...
- On s'en fiche complètement, de votre idiotie d'Ordre du Phénix ! aboya George. Papa est blessé, et c'est tout ce qui compte !
- Votre père savait à quoi il s'exposait, pas vous ! Il ne vous remerciera sûrement pas de compliquer les choses ! Ce n'est vraiment pas demain la veille qu'on vous laissera rejoindre les membres actifs ! Vous n'y comprenez rien ! Vous vous fichez totalement de la cause que nous défendons !
- Que NOUS défendons ? Ca vous va bien, de dire ça, on ne peut pas dire que vous participez beaucoup ! rétorqua George en hurlant.
- Vous non plus, dit Ron d'une voix atone. Maintenant, fermez-la, tous autant que vous êtes. On va attendre les nouvelles.
Harry lui fut reconnaissant de son intervention. Elle avait sans doute évité un esclandre, et sans doute aussi que les jumeaux reçussent la paire de claques qui leur avait tant manqué depuis leur petite enfance.
Les deux garçons allèrent s'asseoir le plus loin possible de Sirius, tandis que Harry et Ginny s'installaient aux côtés de Ron. Tout le monde s'enferma dans un silence buté. Puis Sirius tenta d'alléger l'atmosphère en proposant des bièraubeurres, qui furent acceptées sans un mot. En les voyant quitter le garde-manger, Harry se rappela soudain qu'il avait laissé Salazar à Poudlard. Misère ! Sans la statuette espionne, il allait se trouver bien dépourvu. Nul doute que le petit bonhomme apprendrait des choses passionnantes en restant à l'école, mais le garçon aurait préféré l'avoir sous la main. Qui pourrait le conseiller, à propos du serpent ? Comment cet étrange phénomène avait-il pu se produire ? Il était entrain de somnoler dans le couloir désaffecté quand tout cela était arrivé, pas à rôder dans les couloirs du ministère. Il secoua la tête ; il n'y comprenait décidément rien, et à moins que Dumbledore fût victime d'une soudaine crise de sincérité, il n'aurait sans doute jamais le fin mot de l'histoire. Il se souvenait parfaitement avoir eu envie de mordre le vieux sorcier dans son bureau, mais était incapable de dire si ce désir venait de lui ou du serpent. Cela faisait si longtemps qu'il souhaitait attraper le directeur par le col de sa robe et le secouer comme un prunier pour l'obliger à répondre à ses questions...
Ses réflexions furent interrompues quand une flamme rouge et or illumina la pièce, puis s'éteignit en laissant derrière elle un parchemin et une plume dorée.
- Fumseck nous envoie un message, s'exclama Sirius avec satisfaction. Hum... ce n'est pas l'écriture d'Albus. C'est sûrement Molly. Tiens, fit-il en tendant la lettre à Ginny.
- Alors... Elle dit que Papa est vivant, et qu'elle part tout de suite à Sainte-Mangouste. Elle nous enverra plus de nouvelles dès qu'elle aura vu les médicomages.
Ron laissa échapper un soupir de soulagement.
- Vivant... dit George, l'air éteint. Comme s'il avait échappé...
A une mort à peu près certaine, songea Harry. Il ne savait pas ce que valaient les mages guérisseurs de Sainte-Mangouste, mais il espérait sincèrement qu'ils étaient à la hauteur de leur réputation, sans quoi... Il préféra ne pas y penser. Contrairement au quatuor assemblé dans la cuisine, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il avait perdu. Ses souvenirs étaient trop lointains. Les Weasley, eux, sauraient pertinemment qu'ils auraient perdu un père certes un peu trop coulant avec ses enfants, mais attentionné, gentil, fiers d'eux... Est-ce que mon père serait fier de me voir là où je suis ?
Rien de moins sûr.

Les heures passèrent, les unes après les autres. Lentement. Très lentement. Aucun nouveau message ne vint troubler la quiétude étouffante de Grimmauld Place. Les jumeaux finirent par sombrer dans le sommeil, Ginny alla s'étendre devant la cheminée, Ron glissa petit à petit sur le banc jusqu'à avoir la tête posée sur la table.

Une horloge sonna dix heures quelque part dans la maison. Harry grogna. Le soupirail qui s'ouvrait à l'autre bout de la cuisine laissait passer un pinceau de lumière entre toutes ses couches de grillages. Dix heures du matin, donc... Et toujours rien. Une demi-heure plus tard, la porte de la cuisine s'ouvrit pour laisser passer Molly Weasley. Elle était très pâle et d'énormes cernes bleuâtres s'étalaient sous ses yeux. Elle parvint à produire un sourire de mauvais acabit pour les garçons encore éveillés.
- Il va s'en sortir, annonça-t-elle en tombant sur une chaise. Il dort encore, nous irons le voir un peu plus tard. Bill a pris sa journée pour rester avec lui.
Un long soupir de soulagement s'échappa de plusieurs poitrines.
- Petit déjeuner pour tous ! dit gaiement Sirius... qui appela aussitôt Kreattur.
Mais l'elfe de maison ne se présenta pas.
- Tant pis pour lui, grommela Sirius.
Il compta rapidement les convives et alla chercher des oeufs, des toasts, du bacon, du beurre et du thé en quantité suffisante, tandis que Ron mettait une casserole sur le feu, sous les regards narquois de ses frères. Harry se demanda bien ce qui pouvait être là sujet à moquerie. Lui-même sortit les couverts, mais il n'eut pas le temps de les poser que Mrs Weasley le serrait dans ses bras à l'étouffer, le noyant sous les remerciements. Il n'était pas certain de mériter cette gratitude, en tout cas pas tant qu'il n'aurait pas éclairci ce qui s'était réellement passé la veille. Néanmoins, il parvint à lui échapper et se concentra sur les cuillères et les soucoupes. Elle l'abandonna vite pour se tourner vers Sirius et le remercier d'avoir accueilli ses enfants pendant la nuit. Sirius répondit avec un grand sourire – un peu forcé – qu'il avait été très heureux de rendre service, et que la fratrie était la bienvenue chez lui.
- Ooh, merci, s'extasia Molly. Cela veut dire que nous allons sans doute rester ici pour Noël...
- Tant mieux ! Plus on est de fous plus on rit !
Sirius en faisait trop, bien sûr. Il ne voulait pas voir plus de gens dans sa maison, il voulait en sortir. Harry hésita à lui parler de sa « vision ». Il savait que Sirius le soupçonnait d'être « Serpentard jusqu'à la moelle » (encore que Harry eût bien voulu savoir où était le mal en cela), et parler de serpents et de choses de ce genre à son parrain... Il craignait aussi que leur conversation ne fût répétée à Dumbledore. Plus le temps passait, moins il faisait confiance au directeur. Il en parlerait à Rogue dès qu'il en aurait l'occasion. Le professeur de potions ne lui avait jamais menti jusque-là, et répondu toujours directement à ses questions. Mieux valait emprunter ce biais-là pour savoir de quoi il retournait. Aussi se contenta-t-il de prendre son petit déjeuner avant de monter au premier pour dormir un peu.
Malheureusement, l'idée que le serpent pouvait revenir en profitant de son sommeil l'empêcha de se reposer, et il ne dormit en tout et pour tout qu'une pauvre petite heure.

Les bagages des élèves fugueurs arrivèrent à Grimmauld Place en milieu d'après-midi. Molly ordonna à toute la nichée de s'habiller en Moldus pour se rendre à Sainte-Mangouste. Des jeans et des pulls volèrent à travers le couloir lorsqu'on se rendit compte que quiconque avait fait les valises avait aussi mélange les affaires. Ginny récupéra en toute hâte un sac apparemment rempli de livres, qu'elle fourra au fond de sa malle sans un mot. Harry avait échappé à ce problème, étant le seul à loger dans les quartiers de Serpentard. Il sut immédiatement que sa valise avait été faite soit par Sarah, soit par Blaise, car il y retrouva une certaine statuette, qu'il glissa entre deux coussins, faute de pouvoir la dissimuler dans la cuisine pour le moment.
- Grnfff, c'est pas une façon de traiter les gens, ça, ronchonna la voix étouffée de Salazar.
En descendant dans le hall d'entée, Harry trouva tout le monde entrain de s'extasier – avec force moqueries – sur le chapeau melon de Maugrey, seul moyen qu'il avait trouvé de dissimuler son oeil magique.
- Dis, garçon, demanda le vieil Auror quand le tapage se fut un peu dissipé, c'est vrai que Tonks attirerait moins l'attention que moi ?
Les cheveux de la jeune femme étaient aujourd'hui du plus beau rose vif.
- Je crois. C'est plutôt tendance, en ce moment, chez les Moldus.
- Ah bon...
Il avait l'air tout désappointé. Tonks rectifia en déposant un baiser sur ses cheveux gris, et à la grande surprise de Harry, Alastor vira au rouge tomate. Puis sa jeune consoeur posa quelques questions au garçon.
- Dis-moi, tu ne sais pas s'il y a eu des voyants dans ta famille ? lui demanda-t-elle tandis que toute la troupe se dirigeait vers la plus proche station de métro.
Pour Harry, un voyant, c'était quelqu'un du genre Trelawney. La comparaison ne lui paraissait pas du tout flatteuse et il le fit savoir, ce qui déclencha un rire joyeux chez sa voisine.
- Désolée, s'excusa-t-elle. En plus, c'est idiot, ce que je viens de dire, tu n'as pas fait de prédiction, tu as vu le présent. C'est vraiment curieux...
Elle passa le reste du trajet à cogiter. Ils descendirent dans le centre-ville, une curieuse petite troupe qui, cependant, n'attira pas l'attention outre mesure, exception faite d'un groupe de punks aux coiffures rouges et vert fluo qui saluèrent Tonks d'un
- Hey, sister !
qui la fit beaucoup rire et laissa les autres sorciers un peu interloqués. Pour créer une conversation et éviter les questions gênantes, Harry se tourna vers Maugrey pour lui demander où se trouvait l'hôpital.
- Pas loin.
Le groupe traversa une avenue brillante de guirlandes, encombrée d'une foule pressée de faire ses derniers achats de Noël. Maugrey saisit Harry sous le coude pour éviter d'être séparés dans la cohue. Son oeil artificiel pivotait dans tous les sens.
- Je me demande à quel point c'est différent d'un hôpital moldu, musa Harry.
- Peux pas t'dire, répondit Maugrey en reniflant à cause du froid. J'ai jamais mis les pieds chez les médecins moldus. Il a été difficile de trouver un bon endroit. Des malades, ça ne se met pas sous terre, c'est pas terrible pour la santé. Et on manquait de place sur le Chemin de Traverse. En fin de compte, on a construit dans ce quartier. C't assez discret.
Harry considéra en silence la jambe de bois et le nez arraché. Un bon chirurgien aurait sans doute pu rendre la mutilation moins... inconfortable et reconstituer au moins une partie de l'appendice manquant. Concernant la jambe, on avait, côté moldu, dépassé le stade du pilon de pirate depuis longtemps, et soigné par eux, Alastor aurait pu bénéficier d'un appareillage mieux adapté. Cependant, le garçon jugea plus sage de ne pas le mentionner.
Ils se faufilèrent encore quelques minutes à contre-courant entre les passants, puis Maugrey s'arrêta.
- Voilà, on est arrivé.
Harry faisait face à un grand bâtiment de briques rouges, autrefois occupé par un magasin de vêtements dont le nom était encore peint sur les vitrines : Purge & Pionce Ltd. Les quelques mannequins de plastique qui traînaient encore derrière les vitres avaient connus des jours meilleurs, la perruque mitée, la peinture écaillée... leurs habits étaient tristement démodés. Au moins quatre écriteaux indiquaient « Fermé pour rénovation », un état qui ne risquait pas de changer avant très, très longtemps...
Tonks poussa son monde vers la vitrine, puis se pencha vers un affreux épouvantail aux faux cils de travers, revêtu d'une robe de nylon vert tout aussi hideuse.
- Salut, on vient voir Arthur Weasley.
Après avoir joué à Max la Menace, on parlait aux pantins de plastique... Enfin, après tout, pourquoi pas ? Se dit Harry en voyant la poupée faire un petit signe à Tonks, qui entraîna Ginny avec elle, tandis que Molly faisait avancer les jumeaux. Alastor poussa Ron et Harry vers la vitre, qui se mua en un rideau d'eau fraîche pour les laisser passer.
Une fois franchi, les sorciers se retrouvèrent de nouveau bien secs et au chaud.
Les horribles mannequins de la vitrine ne devait être qu'un sortilège d'illusion particulièrement réussi, car à l'intérieur s'ouvrait un hall empli d'une foule de sorciers qui attendaient, assis ou debout, de passer devant une standardiste. Certains feuilletaient le journal, d'autres tentaient de dissimuler les appendices bizarres qui ornaient leur personne. Un tohu-bohu assourdissant régnait dans la place, entre les appels, les cris des enfants et les bruits peu communs émis par certains patients. Ici, une sorcière s'épongeait le visage et émettait des jets de vapeur sifflants par les oreilles et le nez. Un confrère tintait comme une cloche chaque fois qu'il bougeait la tête, et devait la maintenir par les oreilles pour l'empêcher de vibrer indéfiniment. Quelqu'un avait-il voulu faire la démonstration de son niveau d'intelligence ? Parmi cette affluence, on distinguait des robes vertes qui allaient et venaient en questionnant les malades. Leur emblème était un tibia croisé d'une baguette.
- Des médecins sorciers, nota Harry.
- Mais non, voyons, rien à voir avec ces médecins moldus qui ouvrent et scient les gens, le réprimanda Molly Weasley en frissonnant. Ce sont des guérisseurs. Bon, par ici.
Le petit groupe vint prendre place dans la queue qui s'allongeait devant un comptoir tenu par une petite sorcière blonde. Diverses affiches étaient accrochées autour d'elles, formulant des consignes et des slogans tels que LES ANTIDOTES NE SONT QUE DE LA CAMELOTE S'ILS NE SONT PAS APPROUVES PAR UN GUERISSEUR QUALIFIE ou DANS UN CHAUDRON PROPRE, LES POTIONS NE SE CHANGENT PAS EN POISONS. Rogue aurait approuvé celle-ci. Au-dessus de la porte principale, qui desservait le reste de l'établissement, était suspendu le portrait d'une sorcière aux boucles argentées : Dilys Derwent, guérisseuse à Sainte-Mangouste (1722-1741), directrice de Poudlard (1741-1768). Harry reconnut la Dilys que Dumbledore avait envoyée aux nouvelles quelques heures plus tôt. Le portrait parcourut rapidement le groupe des yeux avant de disparaître par un bord de son cadre.
Le premier patient à passer était un jeune sorcier qui dansait la gigue devant la standardiste en émettant des cris de douleur, et tâchant d'expliquer son problème.
- Ce sont – Aïe ! - ces chaussures que mon – Ouille ! - frère m'a offertes – Ouch ! - elles me dévorent – AAH ! - les pieds, elles sont sûrement ensor – IAH ! - celées, j'arrive pas à les – OUAH ! - retirer !
Harry se retint difficilement de rire. Le coup des punaises dans les souliers, revu et corrigé à la mode sorcière...
- Vous pouvez encore lire, je suppose ? hargna la demoiselle du comptoir en désignant un grand panneau. Vous devez monter au service de pathologie des sortilèges, quatrième étage. Vous avez un plan près de la porte. Au suivant.
Le malchanceux partit en quête d'un guérisseur en sautillant. Harry essuya ses lunettes et se pencha pour lire l'écriteau. Il était conçu de la même façon que celui d'un hôpital « classique », mais les rubriques en étaient bien plus originales.

ACCIDENTS MATERIELS Rez-de-chaussée
Explosions de chaudrons
dysfonctionnements de baguettes
chutes de balai, etc...

BLESSURES PAR CREATURES VIVANTES Premier étage
Morsures, piqûres, brûlures,
échardes, épines, etc...

VIRUS ET MICROBES MAGIQUES Deuxième étage
Maladies contagieuses (variole du dragon),
disparitions pathologiques, scrofulites, etc...

EMPOISONNEMENTS PAR POTIONS ET PLANTES Troisième étage
Urticaires, régurgitations,
fous rires incontrôlables, etc...

PATHOLOGIE DES SORTILEGES Quatrième étage
Maléfices chroniques,
ensorcellements,
détournements de charmes, etc...

SALON DE THE / BOUTIQUE DE L'HÔPITAL Cinquième étage

Si vous ne savez pas où aller, si vous êtes incapable de vous exprimer normalement ou de vous rappeler pourquoi vous êtes ici, notre sorcière d'accueil sera heureuse de vous aider.

Harry commençait à comprendre pourquoi la petite femme se montrait si hargneuse. Etre confrontée toute la journée à des gens partiellement métamorphosés, grognant, bavant ou de mauvais poil (au propre comme au figuré) demandant des trésors de patience.
Devant eux, un très vieil homme tenant un cornet dans l'une de ses oreilles demanda à voir Broderick Moroz.
- Salle 49, répondit la jeune femme, mais vous perdez sans doute votre temps. Son cerveau est dans un sale état, et il se prend toujours pour une théière. Suivant !
Un sorcier avec des cernes énormes sous les yeux arriva en tenant une petite fille par la cheville. L'enfant flottait en l'air, soutenue par deux ailes blanches et duveteuses, d'une envergure suffisante pour le poids de leur porteuse. La fillette était vêtue d'une barboteuse et n'évoquait rien de moins qu'un petit ange.
- Quatrième étage, indiqua la standardiste d'un ton las.
Puis ce fut le tour de Molly Weasley.
- Bonjour, mon mari Arthur Weasley devait être transféré ce matin dans une nouvelle salle. Pourriez-vous...
- Oui, oui. Arthur Weasley... Oui... Premier étage, salle Dai Llewellyn.
- Merci. En route, vous autres.
Ils franchirent la porte ornée du portait de Dilys et traversèrent un couloir lui aussi décoré de tableaux figurant des guérisseurs fameux. Comme à Poudlard, la plupart somnolaient paisiblement. L'éclairage, plus sûr que les torches de l'école (elles devaient être là en partie pour l'ambiance), consistait en une série de globes de cristal à facettes remplis de bougies (il ne fallait pas être trop moderne, tout de même). Les maladies traitées dans ce secteur étaient vraiment étranges. Harry se demanda quelle infection pouvait bien générer le gaz jaune et puant qu'ils croisèrent en route, ou les gémissements douloureux qui provenaient d'une des chambres. Une volée de marches plus haut, ils dénichèrent la salle Dai Llewellyn, réservée aux cas de morsures graves. Les patients, d'après le carton glissé dans un petit cadre de cuivre, étaient aux bons soins d'Hippocrate Smethwyck et de son assistant-stagiaire Augustus Pye.
Tonks et Fol Oeil décidèrent, par discrétion, de rester dans le couloir le temps que la famille allât prendre des nouvelles du blessé. Harry se dit que cette disposition était bien vue. Ainsi, les deux aurors pourraient parler avec Arthur plus tard, hors de la présence des « petits ».
Il trouva également, une fois entré dans la pièce, qu'elle faisait plus penser à une cellule de monastère ou de prison qu'à une chambre d'hôpital. Une unique fenêtre, étroite et ouverte très haut dans le mur, laissait passer un maigre rayon de soleil, les boiseries des murs étaient noircies par l'âge et pour toute compagnie, les patients avaient le portrait d'Urquhart Rackharrow (1612 – 1697), inventeur du maléfice de videntrailles. Harry souhaita sincèrement que ce type à l'air franchement patibulaire n'eût aucun lien de parenté avec Philip Urquhart, et se demanda pourquoi l’inventeur d’un maléfice avait droit à un tableau dans un hôpital.
Arthur Weasley se trouvait tout au fond, sous la fenêtre, et lisait tranquillement la Gazette. Il paraissait, somme toute, en assez bonne forme, et leur sourit largement lorsqu'il s'aperçut de leur présence.
- Bonjour à tous ! fit-il gaiement en reposant son journal. Bill est parti tout à l'heure, il devait rentrer travailler, mais il m'a dit qu'il viendrait vous voir un peu plus tard.
- Comment ça va, Arthur ? s'enquit son épouse avec inquiétude.
- Mais très bien, répondit-il avec bonne humeur après qu'elle l'eût embrassé. Ils ont vraiment fait du bon travail. Le seul hic, c'est que je ne pourrai pas sortir tant que je garderait mes bandages, et ils ne veulent pas encore me les enlever.
- Pourquoi ? demanda aussitôt Fred.
- Il semblerait que quelque chose dans le venin du serpent qui empêche la cicatrisation. Mais les guérisseurs sont certains de trouver un antidote. Ils ont vu pire.
Il attrapa sa baguette pour ajouter trois chaises à celles qui étaient déjà alignées contre le mur.
- Je dois prendre une potion de régénération sanguine toutes les heures, mais c'est un moindre mal. Le pauvre homme là-bas, par contre...
Il désigna de la tête le lit d'en face, où un homme verdâtre et très maigre, fixait le plafond d'un air absent.
- Mordu par un loup-garou, c'est sans espoir...
- Mais, s'angoissa son épouse, ce n'est pas dangereux ? Il ne devrait pas être dans une chambre individuelle ?
- La pleine lune n'est pas pour tout de suite... Les guérisseurs veulent le convaincre qu'il arrivera à mener une vie normale, ou peu s'en faut. J'ai ajouté ma propre expérience dans ce domaine, mais... il m'a répondu que je prendrais une deuxième morsure si je ne me taisais pas tout de suite. La femme à côté de la porte refuse de dire ce qui l'a mordue, ce qui signifie qu'elle a une créature illégale chez elle, sans l'ombre d'un doute. L'odeur est affreuse quand ils changent les bandages, et j'ai vu qu'une bonne partie de sa jambe avait été arrachée.
- Dis, papa, interrompit George, tu vas nous raconter ce qui t'es vraiment arrivé ?
- Mais vous le savez déjà, répondit son père en souriant. J'avais trop travaillé, je me suis endormi au bureau, et quand je me suis réveillé, j'ai vu ce serpent géant...
- Le journal en parle ? demanda l'un des jumeaux.
- Mais non, bien sûr, grinça Mr Weasley. Le ministre ne veut surtout pas que l'on sache qu'un serpent venimeux a pu...
- Arthur... menaça Molly.
- A pu entrer et me... mordre.
Flagrant délit d'échec critique au jet de mensonge...
- Tu étais vraiment au bureau quand c'est arrivé ? insista Ginny.
- Allons, cessez un peu toutes ces questions, vous le fatiguez, coupa sa mère.
- Et j'ai aussi d'autres nouvelles à vous annoncer, ajouta Arthur en brandissant son journal. Vous vous souvenez de ces toilettes régurgitantes l'été dernier ? Eh bien, on a arrêté le responsable. Il s'appelle Willy Larebrouss, et un de ces maléfices lui est revenu à la figure. Vous imaginez ? Les toilettes lui ont explosé à la figure et la brigade d'intervention l'a retrouvé au milieu des débris, couvert de... enfin bref... Mais ce gredin a été libéré, voyez-vous ça ! Je suppose qu'il devait avoir quelques pièces d'or à dépenser.
- Dis, tu n'étais pas chargé de la garder ? reprit George, totalement imperméable aux tentatives de détourner la conversation. L'arme que Tu-sais-qui essaye de se procurer ?
- Tais-toi ! aboya sa mère.
- En tout cas, reprit Arthur en forçant sa voix, notre Larebrouss ne pourra pas s'en tirer, cette fois. Il a été pris sur le fait entrain de vendre des poignées de porte mordeuses à des Moldus, et on n'a pas pu l'arrêter avant qu'un de ses clients ait perdu deux doigts. Il est ici, pour lui faire repousser les os et modifier sa mémoire. Je me demande dans quelle salle il se trouve... conclut-il d'un air avide.
- Dis Harry, Tu-sais-qui a bien un serpent géant comme animal de compagnie ? susurra Ginny tout en gardant un oeil sur ses parents. Tu l'as vu ?
- Bien sûr, approuva Harry. Elle s'appelle Nagini.
- Ca suffit ! s'emporta Molly. Tout le monde dehors, Tonks et Maugrey veulent te parler, Arthur. Allez, ouste !
Ils obéirent, mais à peine la porte fut-elle refermée que les jumeaux sortirent de leur poche de longues ficelles couleur chair qu'ils distribuèrent à la ronde.
- Je suis sûr que Sainte-Mangouste n'a pas pensé à rendre ses portes imperméables à l'écoute...
Une extrémité dans une oreille et l'autre glissée sous le battant, les cinq complices écoutèrent avec attention.
- … ils ont fouillé toute la zone, disait Tonks, mais ils n'ont pas remis la main sur le serpent. Il s'est volatilisé juste après t'avoir mordu. Tu-sais-qui ne pensait quand même pas faire entrer un serpent au département des Mystères, non ?
- Il devait simplement servir d'éclaireur, coupa Maugrey. Il vaut mieux avoir une vision claire du chemin à suivre avant de s'aventurer là-bas. Si Arthur n'avait pas été là, le serpent aurait eu tout son temps pour inspecter les sécurités. Potter dit qu'il a tout vu ?
- Oui, dit Molly, hésitante. Dumbledore semblait s'attendre à ce qu'il ait ce genre de visions.
- Ben voyons, marmonna Harry. Et bien sûr, pas question de me tenir au courant.
- Il avait aussi l'air de s'inquiéter.
- Ce serait une première, commenta Ginny à voix basse.
- Evidemment qu'il s'inquiète, gronda Maugrey. Potter vois des choses à l'intérieur même du serpent. Naturellement, Potter ne se rend pas compte de ce que cela signifie, mais si Vous-savez-qui a pris possession de lui...
Harry eut un haut-le-coeur et fut tenté de ne plus rien écouter. Mais il lui fallait ces informations.
- Impossible, dit Tonks. Ca ne correspond pas du tout aux critères de la possession, cette affaire. On n'a pas retrouvé Potter errant dans les couloirs comme un inferius, et incapable de se souvenir de ce qu'il avait fait. C'est forcément autre chose. Et puis si c'était vraiment ça, pourquoi Dumbledore aurait-il pris le risque de l'emmener au QG ? Tu-sais-qui aurait accès à tous les petits secrets de l'ordre. Alors soit Dumbledore n'a pas de suite dans les idées, soit il fait de la rétention d'information.
- Pshh ! Quelqu'un se rapproche de la porte ! siffla Fred. Retrait général !
Quand Molly ressortit de la chambre, ils étaient tous sagement alignés sous une fenêtre, l'air parfaitement innocent. Harry nota toutefois mentalement qu’il lui faudrait se renseigner sur la signification de « inferius »…

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Re: Reprise d'antenne

Message par Raven le Jeu 29 Avr - 17:18

Very Happy Hé ! Link et moi ne sommes pas legilimens ! Wink
Un petit commentaire nous aidera à évaluer le niveau de notre travail... et celui de votre satisfaction de lecteurs.
A vot' bon coeur. Crying or Very sad

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Chic!

Message par roswell le Lun 24 Mai - 22:40

Bien vrai? On peut vous pourrirlaisser des commentaires sur ce beau sujet tout neuf?

Je suis bien d'accord avec Tonks: le vieux gâteux, pardon, l'éminent directeur de Poudlard, fait bel et bien de la rétention d'informations et ce n'est pas nouveau! Mais quelle joie de voir un Harry dégourdi qui sait se servir de sa cervelle! Ce qui signifie aussi que Harry va découvrir les Inferi avant l'épisode de la grotte du sixième tome!
applaudis applaudis applaudis applaudis
J'ai hâte de retrouver les remarques acides de Snape et les commentaires plus que grivois de Salazar! La sui-teuh!

roswell
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Re: Reprise d'antenne

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